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Cellules, plantes et bactéries : les scientifiques font classe à Saint-Géry

À Gradignan, six chercheurs du laboratoire Acides nucléiques : Régulations naturelles et artificielles (ARNA - Inserm, université de Bordeaux) ont quitté paillasses et microscopes le temps d’une matinée pour venir parler cellules, ADN et bactéries avec les élèves de CM1 et CM2 de l’école Saint-Géry. Une immersion scientifique vivante, construite au plus près des programmes scolaires… et de la curiosité des enfants.

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Le 7 mai 2026, à l'école élémentaire Saint-Géry de Gradignan, les cours de sciences ont eu une saveur particulière : ce ne sont pas seulement les enseignantes qui ont pris la parole en classe ce jour-là, mais aussi six scientifiques venus du laboratoire ARNA (Inserm, université de Bordeaux). Répartis en trois binômes mixtes, Sébastien Campagne, chargé de recherche Inserm et chef du groupe SMaRT Laboratory, accompagnés des post-doctorants Florian Malard et Lucy Martin ainsi que des doctorants Léa Bouton, Giulia Chiarazzo et Jean-Roch Savoy, ont investi les salles du cours moyen pour parler du vivant et de leur métier de chercheurs.

Comprendre le vivant, des animaux aux plantes à fleurs

« Ça sert à quoi le flagelle ? », « Ça ressemble à quoi un animal sans cerveau ? », « Est-ce que si on se cogne la tête, on perd des neurones ? », ne sont que quelques questions auxquelles ont dû répondre tout en pédagogie les chercheurs venus faire classe en cette matinée de mai. Le défi était simple en principe mais pas forcément évident en pratique : rendre compréhensibles des notions parfois complexes sans jamais perdre ni l'attention ni l'intérêt des élèves. 

L’atelier s’est inscrit directement dans le programme scolaire autour de l’organisation des êtres vivants. Cellules, organes, appareils, ADN, levures ou photosynthèse : autant de notions abordées au travers de discussions interactives et d'exemples concrets tirés du quotidien des élèves. Sur les tableaux blancs sont projetés des images de cellules musculaires observées au microscope, des schémas du système digestif ou des représentations anatomiques simplifiées

Les scientifiques ont volontairement privilégié une approche participative à hauteur d'enfant. Pas de cours magistral, mais des échanges fondés sur des comparaisons et des questions simples : pourquoi une plante a besoin de lumière, comment les bactéries se multiplient, ou encore ce qui différencie une cellule animale d’une cellule végétale.

La participation active des enfants témoigne de l’intérêt suscité par les thématiques abordées. « Ce qui est intéressant, c’est qu’ils osent poser toutes les questions », sourit la remplaçante de Mme Lerat, directrice de l'école, absente ce jour-là. 

Faire découvrir le métier de chercheur

Au-delà des notions scientifiques, cette rencontre était aussi l’occasion de montrer ce qu’est réellement la recherche et comment travaillent celles et ceux qui en ont fait leur métier. Les intervenants ont alors raconté leurs expériences, distingué les différents métiers à blouse ou encore évoqué l’organisation du travail en laboratoire. Certains élèves ont même eu la surprise de pouvoir regarder dans un microscope amené par l'un des doctorants. 

« On sent qu’il y a une vraie curiosité scientifique à cet âge-là », observe Madame Saint Paul, maîtresse en CM2. « Ce type de rencontre donne du sens à des notions vues en classe et ouvre les élèves sur autre chose. Faire venir d'autres personnes dans les classes que leurs propres institutrices, cela permet aussi de les préparer au collège » poursuit-elle.

Madame Bobier, enseignante de CM1/CM2 a constaté quant à elle que les interventions de scientifiques suscitent chez les élèves « de l’intérêt et des émotions », et que la rencontre avec des chercheurs extérieurs contribue à renouveler leur rapport aux sciences. « Là, ils voient des personnes jeunes, avec qui ils peuvent interagir facilement et qui travaillent ensemble » ajoute-t-elle. Une manière donc de rendre le métier à la portée des plus petites mains et de susciter, on ne sait jamais, quelques vocations précoces.

Une initiative née d’une première expérience réussie

Cette matinée de vulgarisation scientifique n’est pas née d’un programme institutionnel, mais d’une collaboration construite progressivement, à l'initiative de Sébastien Campagne, entre les enseignantes de l’école et le groupe SMaRT Laboratory d'ARNA.

L’an dernier déjà, une première intervention autour de la théorie de l’évolution avait été organisée dans une classe de CE2 de l’établissement. Face à l’enthousiasme des élèves et des institutrices comme des chercheurs y ayant participé, l’expérience a naturellement été reconduite et élargie. 

Pour les maîtresses ces temps d’échange avec les classes sont vraiment stimulants dans la mesure où ils permettent de donner une dimension concrète aux sciences pour les élèves, tout en créant un lien direct entre le monde de la recherche et celui de l’école

Cela rencontre également les préoccupations des chercheurs pour qui rendre la science plus accessible et la partager avec un jeune public participent aussi à développer la culture scientifique dès le plus jeune âge et à lutter contre les idées reçues sur les sciences

Finalement, au bilan de cette matinée de classe : beaucoup de questions posées par les enfants, de la curiosité et des sourires. Le pari est donc à nouveau réussi pour le groupe d'ARNA. La poursuite du projet pour une troisième année consécutive semble ainsi bien engagée.

 

Photo de une - Groupe SMaRT Laboratory | De gauche à droite : Sébastien Campagne, Giulia Chiarazzo, Florian Malard, Jean-Roch Savoy, Léa Bouton et Lucy Martin. Ecole élémentaire Saint-Géry de Gradignan, mai 2026

Crédits photos : Clémence Faure, département STS, université de Bordeaux

Texte par Clémence Faure, département STS, université de Bordeaux

Toutes les photos ont été prises en accord avec les institutrices et avec les parents des élèves figurant sur les images.