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MT180s 2026 : deux étudiants de BioTis au défi de la vulgarisation en 3 minutes chrono

Agathe Bedoux et Paul Galvez, doctorants aux laboratoire BioTis (Inserm, université de Bordeaux), ont figuré parmi les 21 candidats sélectionnés pour la finale bordelaise du concours Ma thèse en 180 secondes (MT180s) qui s’est déroulée le 2 avril 2026 au Haut-Carré à Talence. Retour sur leur participation à cette aventure de haut niveau qui leur a donné l’occasion de parler autrement de leurs recherches.

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Agathe Bedoux et Paul Galvez, tous deux en 2e année de thèse à BioTis, ont participé à l’édition 2026 de MT180s. Ce concours annuel de vulgarisation scientifique impose aux étudiants de présenter leur sujet de recherche en termes simples et devant un auditoire profane et diversifié.

Chaque participant doit ainsi, en trois minutes, réaliser un exposé clair, concis et convaincant sur son projet. Les deux finalistes bordelais reviennent sur cette aventure enrichissante qui a amené Paul Galvez à porter les couleurs de l’université de Bordeaux lors de la finale régionale qui s’est tenue à Limoges le 23 avril 2026.

  • Vous êtes tous les deux en 2e année de doctorat. Pouvez-vous expliquer votre parcours ?

Paul : je suis chirurgien oral au CHU de Bordeaux. Pendant mon internat, j’ai eu l’opportunité de suivre un double parcours recherche dans le laboratoire BioTis où j’ai passé une année pour préparer un Master 2. La thèse de science que je prépare maintenant depuis deux ans est un pont entre mon activité clinique et la recherche expérimentale. Le sujet qui m’occupe porte sur le développement de membranes pour la régénération osseuse en chirurgie orale. Avec mon encadrante de thèse, la Pr Mathilde Fénelon, qui a elle-même initié ce projet, nous tentons d’utiliser la membrane placentaire humaine isolée à partir de placentas collectés lors des accouchements et d’optimiser ses propriétés pour la régénération osseuse.

Agathe : pour ma part, je suis ingénieure en biomédical. Mon sujet de recherche est consacré au développement d’un dispositif médical qui permettra d’injecter des médicaments dans l’oreille interne. J’ai rejoint, il y a deux ans, le groupe du Pr Raphaël Devillard et j’effectue mon doctorat sous la direction de la Pr Olivia Kerouredan. Raphaël et Olivia travaillent depuis des années sur l’utilisation de la bioimpression assistée par laser. Mon projet se déroule en étroite collaboration avec la société ALPhANOV installée à l’IOA (Institut d’Optique d’Aquitaine, Talence) et le Neurocentre Magendie (Inserm, université de Bordeaux).

  • Tout le monde connait maintenant le concours MT180, mais bien peu d’étudiants s’y risquent. Quelles ont été vos motivations ?

Agathe : d’une manière générale, j’aime bien la médiation scientifique et tout ce qui concerne la communication auprès de personnes curieuses d’en apprendre plus sur le sujet . Je regarde moi-même beaucoup de contenus de vulgarisation scientifique dans des domaines variés, par curiosité et envie de découvrir de nouveaux domaines de recherche. Ceci dit, présenter un sujet complexe en 3 minutes est un véritable challenge et j’avais envie de m’y essayer.

Paul et moi souhaitions tous les deux participer, nous avons discuté de nous inscrire ensemble à la formation, et c’était aussi sympa de pouvoir partager cette expérience entre doctorants d’un même laboratoire.

Paul : Pour ma part, j’aime bien l’exercice oral et je trouvais intéressant de pouvoir m’investir dans la diffusion de mes travaux à travers un format moins formel que les communications dans les congrès scientifiques. MT180s est un concours que je connaissais et qui m’intéressais, donc je me suis dit que c’était une bonne manière de développer cet aspect de mon parcours.

C’était ma première expérience de vulgarisation et, au-delà de l’exercice de synthèse que nous pouvons connaître en sciences, la nécessité de vulgariser est un exercice différent qui impose d’autant plus de se mettre à la place de l’auditoire dans la préparation du discours en 180 secondes. Concernant l’attrait pour cet exercice, il peut être pris au sérieux et avec plaisir, sans pour autant avoir une pression comparable à celle d’une communication orale dans un congrès scientifique devant des chercheurs de son domaine, toutes expériences étant bonne à prendre.

  • Comment s’est déroulée la préparation à ce concours ?

Paul : nous avons eu six demi-journées avec un professionnel de théâtre. Ils nous ont aidés à comprendre comment une prise de parole doit être formulée et nous ont fait travailler sur la manière de raconter notre histoire. Les séances de travail en groupe avec des participants issus d’autres filières permettent aussi d’avoir l’avis d’un auditoire non spécialisé et de se projeter dans la réception de notre discours lors du concours.

Ce que je ne savais pas en m’inscrivant, c’est qu’en plus des six demi-journées de présence, il fallait aussi consacrer du temps de travail personnel entre deux séances pour écrire son texte. Entre mes activités cliniques, expérimentales, et d’enseignement, je regrette de n’avoir pas pu dégager plus de temps pour préparer ce concours.

Agathe : on se rend vite compte qu’il va être nécessaire de faire des choix dans ce que l’on veut dire. Il faut aussi choisir son vocabulaire spécialisé, déterminer quels termes doivent être expliqués pour être compréhensibles, ou, au contraire, être remplacés par un mot plus simple, quand bien même ce dernier ne serait pas aussi précis. C’est là que le professionnel mais aussi les autres étudiants issus de domaines complètement différents des nôtres, apportent un regard extérieur. L’ambiance est vraiment bonne et il y a un esprit d’entraide. En tous cas, à la fin, on a un texte qui est clair. C’est très valorisant.

Paul : simplifier, oui, mais il faut quand même rester exact. La présentation en trois minutes est un véritable travail de concision et précision. Le défi est aussi d’amener nos futurs auditeurs à se poser des questions et à découvrir des champs de la recherche qu’ils ne soupçonnaient pas jusqu’alors.

Agathe : De mon côté, j'avais déjà pu me confronter à l’exercice du pitch dans le cadre du concours UBooster de l’UBee Lab qui a vocation à mettre en avant les projets entrepreneuriaux des étudiants de l’université de Bordeaux. J’avais alors dû apprendre à vulgariser mon propos.  Ce qui est par contre nouveau avec MT180s, c'est qu'il faut en plus donner un côté "fun" au discours car on fait face notamment à un public de lycéens.

  • Finalement, quel intérêt ce concours a-t-il représenté pour vous ?

Paul : c’était vraiment une approche différente de la démarche scientifique. J’avais l’habitude de synthétiser mes travaux, notamment dans des articles, des abstracts ou des communications, mais toujours pour un public averti. Là, l’enjeu était de synthétiser en vulgarisant, pour un public de non-spécialistes. Cela oblige à se demander en permanence : « Est-ce que ce que je suis en train d’expliquer sera compris de la manière dont je le souhaite ? » Cela m’a donc amenée à réfléchir différemment à la manière de faire passer un message.

Agathe : de mon côté, quand ma famille ou des amis me demandent sur quoi je travaille pendant ma thèse, en plus d'avoir un discours synthétique, je peux maintenant renvoyer vers la vidéo YouTube de la finale locale.

MT180s permet également de rendre ses travaux plus visibles. Cela nous amène à être mis en relation avec des personnes curieuses d’en apprendre plus sur le sujet.

Paul : Je suis d’accord avec Agathe. Après les finales locales et régionales, j’ai reçu plusieurs propositions de vulgarisation scientifique. L'université de Pau m'a ainsi demandé de travailler sur un article de médiation autour de mon projet de recherche, en collaboration avec un illustrateur.

  • Que conseilleriez-vous à des doctorants qui aimeraient participer au concours ou qui hésiteraient à le faire ?

Paul : Je leur conseillerais sincèrement de tenter l’expérience : même si l’on n’obtient pas le résultat escompté, on repart avec une expérience de prise de parole et de médiation scientifique.

Agathe : Je conseillerais également de le faire, en investissant bien son temps pour profiter au mieux des temps de formation, et obtenir un texte satisfaisant.

Ce travail demande à la fois un travail d’écriture et de répétition orale, ce qui en fait une expérience très enrichissante et stimulante ! Je le recommande à tous les doctorants… Je me demande même si je ne vais pas retenter ma chance l’année prochaine !

Interview réalisée par Claudine Boiziau et Clémence Faure, département STS, université de Bordeaux

Crédits photos - Une : Clémence Faure, département STS, université de Bordeaux | Autres photos : Collège des écoles doctorales doctorales de l'université de Bordeaux